« La lumière est dans le livre. Ouvrez le livre tout grand. Laissez-le rayonner, laissez-le faire. »
Victor Hugo
(Extrait du Discours d'ouverture du congrès littéraire, 1878)

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En route vers son destin !


   Un silence terrible se mit en place. Les bannis qui étaient en première ligne en avaient perdu leurs armes et ne détachaient plus leurs yeux de la nymphe étendue sur leur terre. Les elfes guerriers alternaient leur étonnement entre les magiciens de Sienne et Légalorme. Ils ne voyaient pas tous Amilys, mais la soudaine passivité des bannis les avaient orientés vers la scène. Les magiciens d’Écume ne comprenaient pas, ils étaient trop loin pour avoir remarqué ce qu'il venait de se produire. L'absence de bruit les inquiéta. Quant aux magiciens de Sienne, des sentiments de peur et de joie se mêlaient. Certains félicitaient le mage responsable, d'autres reculèrent d'un pas comprenant l'importance de l'accident. Schistoféal accourut près du soldat qui venait de poignarder la fée. Il ne détacha pas son regard de l'être étendue et soudain il se souvint où il l'avait aperçue. Un sang glacial le parcourut. Il posa la main sur l'épaule du soldat. Ce dernier tremblait : il ne voulait pas la toucher, il avait visé l'elfe. Pourquoi s'était-elle interposée ? Il n'y était pour rien. Il tenta de se rassurer, c'était un être ailé ! Ce n'était pas si important. Et puis on lui avait manqué de respect, il s'était défendu, son roi lui en avait donné l'ordre.

   Le cœur de Légalorme haleta et une douleur s'éprit de sa chair. Il sentit sa gorge se serrer et un frisson le parcourir. Puis un bruit lourd parvint à ses oreilles, le bruit d'un corps qui s'effondre, juste derrière lui. L'effroi qu'il lisait dans le regard des bannis face à lui le fit frémir et il n'osait pas se retourner. Comme par instinct, il appela Amilys à haute voix. Elle était juste à côté de lui, il venait de lui parler. Mais elle ne répondit pas. Le commandant croisa le regard de Malaneem : pourquoi est-il aussi pâle ? Légalorme appela une nouvelle fois, plus fort. Leurs doigts étaient à peine séparés, il sentait encore l'effleurement. Toujours pas de réponse. Il devait se retourner au moins pour se rassurer, pour voir son sourire et ses yeux luire. Elle le suivait. Il le devait au moins pour comprendre ce silence brutal. Deux lueurs, une verte et une magenta, vacillèrent devant lui. Les esprits de Sève. Pourquoi ? Il ferma les yeux : Amilys lui souriait, la pierre de ses yeux scintillante. Il se tourna en direction du bruit sourd, gardant cette image bien gravée derrière les paupières. Il respira, allant chercher l'air au plus profond de lui-même. Il devait rester calme, c'était un guerrier qui était tombé ou un banni sous les joutes d'un magicien de Sienne. Pourquoi tremblait-il autant ? Il savait que cela arriverait. Pourquoi la panique s'emparait-elle de lui ? Pourquoi avait-il cette sensation d'étouffement ? Il appela une dernière fois Amilys avant d'ouvrir les yeux.


2 commentaires:

  1. Je ne tiens plus ... Que juin me parait loin ! Très chère reine de notre mare ... Abrège mes souffrances ! Mon impatience me ronge a petit feu et chaque extrait ravive le tome 1 et m'attise de plus belle 😍 j'espère que jamais ta plume ne s'arrêtera et que le monde entier la découvre ✨

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    1. Merci beaucoup ma Magicienne de Sienne Préférée... Je n'ai pas l'intention de ranger ma plume ;) Sois rassurée ! Mon imagination est infinie et sans-cesse alimentée =D
      3 mois d'attente... de quoi relire le premier tome ;)
      A très vite pour de nouvelles aventures :)

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