« La lumière est dans le livre. Ouvrez le livre tout grand. Laissez-le rayonner, laissez-le faire. »
Victor Hugo
(Extrait du Discours d'ouverture du congrès littéraire, 1878)

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mardi 23 septembre 2014

Poème de André Nébon

Quelques vers magiques, féeriques qui pourraient provenir du Royaume Originel.
 

L’Éphémère 



Elle est d'un autre monde, celui des Éphémères.
Un rien la flétrit, un rien l'épanouit.
Elle vit en un lieu où le temps s'énumère
au rythme, un par un, des pétales accomplis.

Fragile, sensuelle, à nulle autre identique,
elle aime la nuit en douceur de l'été,
pareille à une fleur au parfum magnétique
qui repose en un lit de mousse et de rosée.

Ne pas la déranger, surtout faire silence,
ne pas effrayer la calme endormie
elle s'éveillera d'un baiser délivrance
qui portera l'amour à son âme alanguie.

Elle est d'un autre monde, celui des Éphémères,
un rien la flétrit, un rien l'épanouit.
Gardez-vous de froisser sa couche hospitalière
sans y être invité; c'est elle qui choisit.

Ses heures sont comptées sans aucune indulgence,
demain qui viendra la verra s'en aller;
alors, intensément, avant cette échéance,
se donner à celui qui saura sublimer.

Ne pas la bousculer, la savoir cœur fragile,
ne pas la presser vers le non-retour.
Abreuver tous ses sens de tendresse tactile
tout en lui chuchotant le plus beau des discours.

Elle est d'un autre monde, celui des Éphémères,
un rien la flétrit, un rien l'épanouit.
Son nom est un secret, il restera mystère
pour qui n'aura pas su accéder à son nid.

    André Nébon
 

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